Depuis la plus haute antiquité, les chinois possèdent un système très élaboré de cycles, qui s’imbriquent les uns dans les autres, un peu comme les poupées russes. Ne lisant pas le Chinois, et ne l’ayant jamais étudié, je remercie les traducteurs qui m’ont permis d’accéder aux Classiques de la Médecine Chinoise, et notamment le Docteur Nguyen Van Nghi pour son oeuvre complète de traduction des Classiques. Merci également au Docteur A. Chamfraut pour son traité de Médecine Chinoise autour des livres sacrés avec les traductions de M. Ung Kang Sam Médecin-Spécialiste de la Médecine Chinoise à Haïphong. Merci aussi pour le Ling Shu, Jean-Marc Kespi (Préface), Constantin Milsky (Traduction), Gilles Andrès (Traduction). Ou encore, la traduction Anglaise de Paul Unschuld du Suwen. Merci enfin pour le Suwen à la traduction Jacques André LAVIER.

Dans la Cosmogonie selon la Médecine Chinoise, un premier cycle décimal correspond aux 10 Tronc Célestes et un second cycle duodécimal aux 12 Branches Terrestres. Entre Ciel et Terre : l’Homme. Et lorsque l’on conjugue le cycle décimal et le cycle duodécimal, cela donne naissance à un troisième cycle appelé, cycle sexagésimal (60 années). Ainsi la combinaison des 10 Troncs Célestes avec les 12 Branches Terrestre permet de déterminer les influences des mouvements du Ciel sur les énergies (Qi) de la Terre au cours d’un cycle de 60 années.

Si il est possible de connaître ces influences énergétiques pour chaque année du cycle sexagésimal, alors il est possible d’anticiper les phénomènes climatiques pour chaque saison et leurs impacts sur la santé. On parle alors de mouvements hôtes et de mouvements invités.

Les mouvements hôtes sont des mouvement dits normaux parce qu’ils obéissent à la loi normale de l’évolution des saisons chaque année (normales saisonnières). Ainsi le premier mouvement correspond au Bois (le printemps) et le vent y domine. Le deuxième mouvement correspond au Feu (l’été) et la chaleur y domine. Le troisième  correspond à la Terre (l’été indien) et l’humidité y domine. Le quatrième correspond au Métal (l’automne) et la sécheresse y domine. Le cinquième mouvement correspond à l’Eau (l’hiver) et le froid y domine. Chaque mouvement a donc son climat qui est le même toutes les années.

Les mouvement invités servent à expliquer les « anomalies » ou « changements » climatiques des mouvements de l’année, car ils sont variables et différents les uns des autres comme « les invités qui se succèdent dans une maison ». On calcule ces mouvements invités selon les « Troncs Célestes » des grands mouvements de l’année, appelés aussi mouvements centraux. On détermine ainsi le premier des mouvements invités, d’après le grand mouvement de l’année, puis les autres selon l’ordre productif des cinq éléments.

Il en est de même avec les six énergies qui sont divisées en énergies hôtesses et énergies invitées. Les premières servent à déterminer l’énergie normale, principale et dominante chaque année, les autres, l’énergie anormale ou changeante, l’évolution anormal du climat chaque année. Les énergies hôtes sont invariables au fil des années. Les énergies invités sont variables chaque année en fonction de la combinaison des Troncs Célestes et Branches Terrestre.

Ainsi, s’il possible d’anticiper les impacts sur la santé, des phénomènes climatiques prévisibles de l’année en cours, alors il est possible de mieux prévenir, conseiller et soigner, au regard du terrain de chacun d’entre nous. C’est aussi cela nourrir et entretenir la vie (Yang Sheng). la 

2026, une année où le mouvement eau, contrôle le feu empereur de l'énergie céleste (Shao Yin). Il s'agit donc d'une année de dysharmonie (Bu He).

Les 5 mouvements mouvement du Ciel en 2026 et leurs impacts sur les 6 énergies/climats de la Terre : dans le Suwen, cette année 2026 se réfère à la combinaison suivante Bing, 3e Tronc Céleste et Wu 7e Branche Terrestre. C’est la 43e année du cycle sexagésimal qui se reproduit sans cesse, une année de dysharmonie.

2026 est une année d’eau en excès, avec Shao Yin (feu empereur) pour « l’énergie Céleste » au premier semestre et Yang Ming (métal sec) pour « l’énergie Terrestre » au second semestre. 

D’une manière générale, et selon le Suwen chapitre 69, les années de l’eau en excès, comme en 2026, l’énergie froide se répand largement, ce pervers endommage le feu du cœur. Le peuple aura des maladies avec chaleur du corps, troubles cardiaques, douleur au cœur, délire, spasme, frisson, agitation, palpitation. Les matinées sont froides. Si au ciel règne la planète Mercure les symptômes sont encore plus graves avec des enflures du ventre, des jambes, de l’oppression, de la toux, des transpirations nocturnes (pluie abondante et brouillard). Si au ciel règne la planète Saturne, qu’on peut voir même à midi, la pluie se complique de gel permanent, avec des maladies cycliques, plénitude de l’estomac.

Almanach des mouvements du ciel pour les six périodes de 2026

Attention, compte tenu de la latitude de chaque région du monde, les variations ne sont pas les mêmes. En principe, l’énergie Yang (chaleur) est plus puissante au Sud et à l’Est. L’énergie Yin (froid) est plus puissante au Nord et à l’Ouest. Des variations sont donc à prévoir dans les transitions climatiques pour chacune des 6 périodes de l’année, ci-dessous, en fonction de la latitude de nos lieux de vie (Ch. 70 et 71 du Suwen).

Dans le Suwen au chapitre 71, il est dit que dans les années dirigées par Shao Yin, l’énergie du ciel agit par devant, pure et l’énergie de la terre est emplie de respect. Froid et chaud se combattent en duel, et à la chaleur s’ajoute la sécheresse. D’abord les nuages galopent, sans se résoudre en pluie, puis celle-ci arrive, abondante. Métal et Feu sont en contact, Mars et Vénus apparaissent dans le ciel. C’est une période de clarté et de rapidité, où les couleurs dominantes sont le rouge et le blanc. Ses maladies sont les fièvres, l’oppression, les congestions, les saignements du nez, les yeux rouges, les ulcères, les spasmes de l’estomac, les douleurs du cœur, des lombes, les enflures, la gorge sèche.

Pour la première période entre le 20 janvier et 21 mars 2026, la sécheresse cède place au froid, et les hibernants retournent dormir. L’eau gèle, puis le vent se lève et tous s’en protègent en ne sortant point. 

Pour les deux premiers mois, les maladies sont alors des douleurs lombaires, des ulcères

Pour la deuxième période, du 21 mars au 21 mai 2026, le Yang se manifeste, et avec le vent, l’énergie du printemps est normale. La nature est florissante, mais le froid revient bientôt. 

Les maladies ont l’œil rouge et larmoiement. Les yeux se ferment tout seul. Il y aura des maladies de stranguries, le Qi est noué en haut.

Pour la troisième période, entre le 21 mai et le 23 juillet 2026, le Feu est en activité, les multitudes d’espèces prolifèrent et sont éclatante. L’énergie froide arrive parfois.

Les maladies sont des spasmes respiratoires et des douleurs du cœur. On note également l’alternance de froid et de chaleur, des fièvres et des frissons, des oppressions, des yeux rouges, toux, dyspnée.

Pour la quatrième période allant du 23 juillet au 23 septembre 2026, la moiteur et la canicule arrivent. Les grandes pluies arrivent parfois, diluvienne, avec alternance de froid et de chaud.

Les maladies sont alors, outre les fièvres et les frissons, la gorge sèche, la jaunisse, les saignements de nez, l’ictère, des rhinorrhées. Surviennent des maladie de liquides pathogènes.

Pour la cinquième période entre le 23 septembre et le 23 novembre 2026, la chaleur est bien installée, la canicule arrive anormalement, et grâce à ce Yang, la nature croît et prospère.

Pas de maladie particulière si ce n’est des maladies de tiédeur (wen bing).

Pour la période finale du 23 novembre 2026 au 20 janvier 2027, il fait très sec et le feu est bloqué à l’interne. Puis vient un peu de froid vers la fin, avec gelée et neige, les brumes font écran.

Les maladies sont des enflures diverses, des symptômes oppressifs et congestifs. Il y a des tuméfaction en haut, de la toux, de la dyspnée, et dans les cas grave des débordements de sang. Lorsque vers la fin le froid arrive, les maladies se produisent dans les interstices de la peau, à l’interne elles sont contenues dans les hypocondres, en bas elles se lient avec le bas ventre et engendre le froid en interne.